Ce que tu liras ici n'a aucune valeur officielle.
Tu es là. Tu y as toujours été.
La ville vit, respire, recommence chaque matin sans se poser de questions. Les rues filent vers l'est et s'arrêtent net, là-bas, contre le Mur. Personne ne sait ce qu'il y a derrière. Personne ne demande.
Au-dessus de tout, il y a Horizon. La lumière, l'eau, les transports, la sécurité : tout fonctionne, tout est calme, tout est sous contrôle. Tu es en sécurité. Tu n'as à t'occuper que de ta vie.
Tu travailles. Tu dors. Tu recommences.
Et parfois, une sensation. Ce jour, tu crois l'avoir déjà vécu. Ce visage, tu jurerais l'avoir déjà croisé. Cette phrase, tu sais déjà comment elle finit.
Ça passe. Ça passe toujours.
Ne cherche pas plus loin. Vis ta vie. Le reste ne te regarde pas.
Bienvenue.
— ENCORE —
Quelques pièces qui ont refait surface. Origine inconnue. Authenticité non garantie.
"Je me souviens de la pluie d'hier. Du goût du café. De la fin de la conversation. Mais hier n'est pas hier. Hier était il y a longtemps. Ou il n'a jamais existé. Le calendrier dit la même date depuis combien de fois maintenant ?
Si tu lis ça, regarde mieux. Regarde les choses qui se répètent."
[BULLETIN 04:21] — Citoyens, les rumeurs concernant des perturbations dans le secteur Sud sont infondées. Tout fonctionne normalement. Les sensations de "déjà vu" rapportées par certains habitants sont un phénomène neurologique bénin lié au stress urbain.
[BULLETIN 04:22] — Citoyens, les rumeurs concernant des perturbations dans le secteur Sud sont infondées. Tout fonctionne normalement. Les sensations de "déjà vu" rapportées par certains habitants sont un phénomène neurologique bénin lié au stress urbain.
[BULLETIN 04:23] — Citoyens, les rumeurs concernant des perturbations dans le secteur Sud sont infondées. Tout fonction▓▓▓▓▓
Un œil dans un triangle, peint en noir.
Sous l'œil, trois mots :
RAPPELLE-TOI
RÉVEILLE-TOI
REGARDE
Il fait des centaines de mètres de haut. Il coupe la carte d'est en ouest, juste au-dessus du col. Personne ne sait qui l'a construit, ni pourquoi. Officiellement : "frontière administrative".
Tout citoyen qui s'en approche de trop près ressent une migraine violente. À quelques mètres, des hallucinations. Au contact direct, certains s'effondrent.
Personne ne sait ce qu'il y a derrière. Personne ne demande. C'est mieux comme ça.
"Je suis monté sur la colline pour le voir de plus près. La nuit, ça vibre. Pas le vent. Pas un bruit normal.
À un moment, j'ai cru entendre quelqu'un parler de l'autre côté. Une voix calme, à peine perceptible. Comme si elle me parlait à moi. Comme si elle connaissait mon nom.
Je suis rentré. J'ai pas dormi. J'ai pas redormi depuis.
› N'allez jamais voir le Mur la nuit."
La seule façon de la découvrir, c'est de la vivre. Postule. Choisis ton camp. Et fais attention à ce que tu regardes.
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